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Hommage-anniversaire au guitariste De Fossa (Photos signées soumises à Copyrights) Abonnez vous pour suivre les nouvelles parutions pas à pas.

09 May

« A propos de François de Fossa, une étude préliminaire »

Publié par Hervé Rémond / Mantanya Ophee

Biographie

« A propos de François de Fossa, une étude préliminaire »

Par Mantanya Ophee in « Boccherini guitar quintets New evidence » (1981) Editions Orphée

Traduction de l'anglais par Hervé Rémond (directeur-adjoint du Conservatoire de Perpignan)(CRR)
(En photo au bas de l'article) 

 

 

Pour voir les parties scannées, manquantes ci-dessous, mais indiquées par un X, voir le fichier pdf ou word au bas de cette page, sous la photo.

 

 

 

 

 

Le fonds de Fossa contient une copie de son acte de naissance :

 

X

Quelles que soient les raisons pour lesquelles furent établis ces documents en 1824, ils nous permettent d’avoir une idée assez précise du milieu familial dans lequel est né ce compositeur méconnu.

François de Fossa l’aîné (1726-1789) était des plus fameux historiens de la Catalogne française le Roussillon. Juriste distingué, doyen de la faculté de droit de perpignan, il était aussi un écrivain prolifique sur les sujets qu’il a abordés. Le fonds « de Fossa » à Perpignan consiste en une collection de plusieurs milliers de documents et de livres relatifs à la vie de cet homme. Tous les documents relatifs à son fils, le compositeur François de Fossa (1775-1849) ont été rassemblés strictement sans considération vis-à-vis de leur contribution à l’histoire de son père.

Guère plus de choses sont connues sur l’éducation du jeune François. Au regard de l’importance donnée à la culture dans la maison dans laquelle il grandit, on peut imaginer qu’il connut une ouverture vers la musique dès son plus jeune âge, bien qu’aucun document ne vient cependant corroborer cette hypothèse. Cependant en 1822, Gardeton avait recensé une vingtaine de musiciens vivant à Perpignan, quatre d’entre eux enseignaient la guitare. Sans aucun doute l’importance du nombre de musiciens dans une telle petite ville de province à cette époque démontre une riche tradition locale qui existait déjà à la fin du 18eme siècle à l’époque de l’éducation du jeune François. La musique accompagnera ensuite toute son existence.

Peu de temps après le début de la révolution française, le 20 avril 1793, François de Fossa quitta sa maison et sa patrie pour émigrer en Espagne. Il rejoignit l’armée du Roussillon, une compagnie composée d’officiers français et de gentilshommes de la noblesse. On appelait cette armée la légion des Pyrénées. Volontaire dès la création du bataillon en novembre 1793, de Fossa participa ensuite à de nombreuses campagnes. Il se retrouva ainsi à la bataille de Collioure sous le feu de l’armée française, en vue de sa propre ville natale (1794).

Après les campagnes de 1794 et 1795, il ne put partir avec son bataillon qui rejoignait Cadix en garnison. Malade, il dut rester à Barcelone jusqu’à sa guérison. Le 6 aout 1796, il est convoqué par Miguel d’Azanza qui était alors ministre, pour servir sous ses ordres. Quand d’Azanza fut nommé vice-roi par Charles IV et capitaine général de la Nouvelle Espagne –Mexico- il obtint du Roi l’autorisation d’emmener de Fossa avec lui. Ils restèrent alors bloqués à Cadix durant un certain temps, à l’époque du blocus du port par les anglais. Ils subirent notalmment le bombardement de la ville par l’armée britannique, les 4 et 5 juillet 1797. Le 10 avril 1798, ils embarquèrent sur le vaisseau « Le Monarque » pour une traversée qui aboutit à Vera Cruz 39 jours plus tard, le 19 mai de la même année. François de Fossa passa alors quelques temps à Mexico et à Pueblo, avant de rejoindre une compagnie d’infanterie à Acapulco en tant que « Cadet Gentilhomme ». Le 20 janvier 1800 il fut promu sous-lieutenant et exerça alors les fonctions de major dans la milice de la côte sud. L’une de ses principales occupations à cette époque consistait à surveiller l’escadron de navires de guerre anglais qui bloquaient le port d’Acapulco, un siège qui dura jusqu’à la fin juin 1802, date de la paix d’Amiens.

Il prit sa part dans les occupations traditionnelles des soldats : boire et courir les filles. Ses lettres sont pleines de pittoresques compte rendus de ses aventures.

De Fossa s’en retourna en Espagne sur ordre du Roi et arriva à Cadix le 18 décembre 1803. Il fut ensuite affecté au siège des armées espagnoles. Plus tard, enrôlé au régiment de la province de Jaen, il fut promu au grade lieutenant. En 1808, il devint chef de bureau du ministère des Indes. Bien que ce fut là un poste civil, il demeura toujours attaché à son régiment, où il atteignit finalement le grade de capitaine. A la bataille de Grenade en janvier 1810, il fut fait prisonnier par les français, emmené à Madrid puis libéré sur parole par Joseph Bonaparte et assigné de nouveau à son ancien poste au ministère des Indes. Quelques mois plus tard en mai, il rejoignit son ancien maître Miguel d’Azanza, maintenant Duc de santa Fé, au service de Joseph Bonaparte au ministère des Indes, pour une mission spécial d’ambassadeur à Paris, afin de rendre hommage à l’empereur Napoléon à l’occasion de son mariage avec l’archiduchesse Marie Louise. Il passa un mois dans la capitale française, fut présenté à la cour et retourna ensuite à Madrid. A la chute de Joseph Bonaparte en 1813, il s’enfuit en France où il prit les fonctions de Capitaine de la Légion Départementale de l’Allier, qui devint ensuite le 3eme régiment de ligne. En septembre 1815, il fut décoré de l’ordre de Saint Louis. Avec le 3eme régiment de ligne, il retourna en Espagne, cette fois-ci du côté des Français, et il prit part à la campagne du Duc d’Angoulême en Catalogne. A la fin de cette épisode militaire, il fut promu au rang de chef de bataillon, transféré au 23eme régiment de ligne, et il resta en Espagne comme chef de la garnison de Molins del Rey. En 1824, il fut décoré par le roi Fernando VII de l’ordre de St Fernando et en 1825, il fut fait chevalier de la légion d’honneur. Il se retire de la vie militaire en 1844.

Malgré sa vie de cape et d’épée le soldat de Fossa trouva le temps de se marier en 1825 avec Sophie Vautrin, originaire de Strasbourg. Ils eurent trois enfants : Cécile, Victor et Laurent.

L’un des aspects les plus intéressants de la découverte du fond Fossa à Perpignan, est qu’il nous permet de disposer d’une somme de détails inattendus concernant sa vie. Il y a certainement aujourd’hui plus de choses connues sur l’existence qu’a mené de Fossa que sur n’importe quel autre guitariste compositeur de sa stature, à aucune autre période de l’histoire de la guitare. Il existe en effet nombre de compositeurs renommés dans l’histoire de la musique dont les vies sont moins connues que celle de notre soldat musicien. Nous savons également à quoi il ressemblait. Le fonds Fossa contient un passeport établi par le maire de la ville de Brest le 14 novembre 1848. Nous ne savons pas ce que faisait de Fossa à Brest à cette époque. Ce voyage a pu être du à des soucis de santé ou d’autres raisons. Ce passeport lui a été délivré pour retourner à Paris. Il est établi à ce moment là qu’il vivait à Paris au 23, rue Copeau. Il indique qu’il avait à l’époque 73 ans, mesurait 1m68, les cheveux gris, le front bombé, les sourcils et les yeux bruns, le nez aquilin, un grand menton et le visage ovale. L’arrière petite nièce du compositeur, madame de Fossa d’Ornano, possède un portrait de lui qu’elle m’a permis de photographier. Cette peinture le représente sans doute bien plus jeune que ce qu’il pouvait être en 1848, mais on retrouve dans ce portrait les traits décrits dans le passeport de 1848. Il le représente au milieu des années 1830 portant l’uniforme de chef de bataillon d’infanterie de la période 1815-1835. Cette période englobe pour de Fossa la campagne de Catalogne en 1823 et la guerre d’Algérie de 1830. Les médailles qu’il porte sont précisément celles décrites dans les ouvrages militaires de l’époque sur ce sujet (légion d’honneur, ordre de st Louis, ordre de St Fernando). Etant donné qu’il reçut sa dernière décoration, la légion d’honneur à 50 ans en 1825, il y a une certaine contradiction par rapport à son aspect physique sur le tableau. Cela pourrait être du à un souhait de l’artiste peintre de donner à son modèle un aspect plus jeune que ce qu’il était réellement à l’époque du portrait. Une autre hypothèse serait que celui-ci ait été réalisé à partir d’un autre portrait plus ancien qu’il aurait simplement actualisé avec les médailles acquises ensuite par le militaire. D’une façon ou d’une autre, il est évident que ce portrait ne représente pas François de Fossa le compositeur (mais pourtant le même homme dans ses fonctions officielles de militaire). François de Fossa est mort à Paris le 3 juin 1849. Son certificat de décès est rédigé ainsi :

Il ne semble pas qu’un de ses enfants eut une vocation musicale comme la sienne. Je nuancerais l’affirmation en rajoutant : peut-être.Il y a une bonne raison de croire qu’à la fin du 19eme siècle était active à Buenos Aires une famille de musiciens nommée Fossa. Domingo Prat dénombre plusieurs guitaristes portant ce nom, et que la fille de l’un d’eux se maria avec le célèbre Julio Sargeras. Y a-t-il là une relation avec le compositeur ?

Les registres de l’état civil à Perpignan et d’ailleurs établissent que son fils Laurent le suivit dans la carrière militaire en devenant officier. Plus tard, il prit ou reprit le titre de Vicomte de Fossa. Il se maria dans la famille de Santerre des Bôves, premier directeur du système ferroviaire français. Son fils, après son grand père se nomma lui aussi François de Paule Michel Jacques Raymond (1861-1934 ?). Il était également officier mais devint aussi l’un des historiens, archéologues, et architectes les plus renommés de la fin du XIXe siècle. Son ouvrage sur le Château de Vincennes est une pièce majeure de connaissance de l’art. Il était aussi un talentueux aquarelliste, qui signait ses œuvres sous le nom de Ivan Assof, soit Fossa épelé à l’envers. Il est celui à qui l’on doit la préservation de la plupart des documents relatifs à son grand père, le compositeur, et son arrière grand père, le juriste. La dernière descendante de cette magnifique lignée de soldats artistes est madame Odette de Fossa d’Ornano.

La fille du compositeur, Cécile devint nonne. Son fils ainé, Victor, à qui le compositeur légua les manuscrits de ses œuvres a pratiquement disparu des registres. Nous savons qu’à l’époque de la mort de son père Victor était en Guadeloupe, sous officier du 1er régiment de marine. Il revint en France en 1854, époque à laquelle il rédigea son propre testament, un document qui est maintenant dans le fonds de Fossa à Perpignan. Plus rien n’est connu ensuite sur lui.

Madame de Fossa-d’Ornano ne put me fournir aucune autre précision concernant Victor de Fossa. Est-il possible qu’il émigra ensuite en Argentine où il continua la tradition guitaristique de son père ? Cette question et bien d’autres sont à résoudre par des recherches plus avancées. La présente et schématique étude biographique a pour but de donner une idée de la personne à qui nous devons indéniablement la préservation des quintets avec guitare de Boccherini. La biographie complète de François de Fossa et l’édition complète de sa correspondance sont actuellement en préparation, et seront éditées dans un futur proche.

Où et comment François de Fossa acquit-il ses connaissances musicales, en plus de tous les enseignements qu’il reçut, ne nous est pas connu. Il était très probablement autodidacte. Dans sa traduction de la méthode de guitare d’Aguado, il semble avoir été assez libre pour exprimer ses propres idées sur les théories musicales appliquées à la guitare, et il en a profité pour disserter sur les derniers développements du langage musical de son temps en citant Reicha, Grétry, Massimino, Choron, de Monmigny et Galin. Il du être lu attentivement. Il était tout autant familier des travaux des guitaristes viennois, vu les allusions faites à la méthode de guitare de Molitor et Schlinger.

Il semblerait que de Fossa commença à composer pour la guitare à Madrid aux alentours de 1808. Les détails de ses premières tentatives nous sont relatés par une lettre à sa sœur, Thérèse Campagne à Perpignan.

La situation à Madrid en 1808 n’était pas très bonne. Il y régnait une famine généralisée, des troubles civils et des conflits de tous ordres. Bien qu’il eut un travail, il y avait bien des raisons pour qu’il ne soit pas toujours rémunéré. Si ce n’était sa relation avec d’Azanza chez qui il était souvent reçu à sa table, il aurait certainement lui aussi souffert de la faim. Sa sœur lui recommanda alors d’essayer de gagner un peu d’argent en donnant des leçons de français. Au début de la lettre qu’il lui envoya en réponse, datée du 19 mars 1808, il tenta de lui expliquer que les rues des villes d’Espagne étaient pavées de professeurs de français, et qu’ils souffraient tous de la famine. Il développe ensuite d’autres idées :

 

 

 

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Propos amers. En fait de Fossa n’envisagea jamais vraiment de faire une carrière musicale à plein temps. Cela ne l’empêcha cependant jamais de composer, et, quand le temps fut venu, de publier en France et en Allemagne, un nombre considérable d’œuvres (liste ci-après). Sa collaboration avec Dioniso Aguado représente un intérêt particulier pour l’histoire de la guitare. On sait exactement quand elle commença. Probablement dans la même période de 1808 où de Fossa se considérait comme un compositeur professionnel.

Il pourrait être noté qu’un des principales récriminations de Fossa à l’encontre de la musique espagnole est qu’elle était alors dépassée, hors de son temps. Pour lui, la musique moderne était celle de Haydn, Beethoven et peut être celle de Boccherini. Je suis enclin à penser qu’il n’aurait pas émis de jugement si définitif sur la musique espagnole pour guitare s’il avait connu en 1808 les quintets pour guitare de Boccherini. Cette connaissance, autant que nous puissions le savoir, fut certainement plus tardive, en 1811. Les quatuors qu’il mentionne dans sa lettre étaient peut être la série des six quatuors de Enrique Cabalt de Atayde y de Portugal, qui d’après Saldoni était actif à Madrid à la même époque.

De Fossa a réalisé des arrangements des six quatuors pour deux guitares et les publia plus tard à Paris chez Richault comme son opus 17. Joua t’il lui-même ces quatuors avec un autre partenaire, et qui était ce partenaire, nous ne le savons pas. Pouvait-il s’agir d’ Aguado qui avait 24 ans à cette époque ? Ou bien le Marquis de Benavente ? Peu importe quand cette amitié avec Aguado débuta, il semble qu’elle ait été de nature très affectueuse. Elle aboutit en tout cas à la réalisation de la 1ere méthode de guitare d’Aguado, « l’Escuela » de 1825. En réalité, de Fossa écrivit entièrement la partie théorique de ce livre. Dans le prologue Aguado dit :

 

 

 

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Cette collaboration ne s’arrêta pas là. En 1825 ou 1826 Aguado voyagea jusqu’à Paris. Peu de temps après son arrivée, de nouvelles éditions de sa méthode de guitare apparurent. Il s’agissait en fait de deux éditions distinctes, l’une en espagnol, l’autre en français. La bibliographie de la France liste, le 21 juin 1826, une annonce pour la souscription de la…

 

 

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L’édition actuelle de « l’Escuela » fut finalement mentionnée dans la « bbliographie » du 27 septembre 1826. Ces deux entrées sont suffisantes pour nous indiquer que cette collaboration ne consistait pas en un simple échange d’idées, mais d’un travail suivi en étroite relation. Le respect et la mutuelle admiration entre les deux hommes transparaît dans plusieurs mutuelles dédicaces d’œuvres d’Aguado pour de Fossa et sa femme, de Fossa en retour à Aguado, « spécialement en souvenir d’un ami ».

Dans une autre partie de « l’Escuela » de 1825, Aguado décrit l’aptitude particulière de Fossa pour décrire les règles afférentes à la production des harmoniques artificielles sur la guitare. Il écrit :

 

 

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Aguado continue ensuite un large développement au sujet des harmoniques, en citant à nouveau le nom de Fossa . Je n’ai pas été en mesure de localiser une copie de l’arrangement de Fossa sur l’ouverture de « Le Jeune Henry » de Méhul. Sauf preuve contraire, nous pouvons considérer François de Fossa comme la première personne à avoir décrit la méthode pour produire des harmoniques artificielles, une technique et une source expressive pour laquelle tous les guitaristes actuels lui sont reconnaissants.

Son goût musical, au regard des ses compositions qui sont aujourd’hui à notre disposition, était certainement orienté vers la musique de chambre avec d’autres guitares, des cordes et du piano. Son choix d’arrangement concernait les ouvertures d’opéra, plus que vers les airs célèbres, ce qui était pourtant une coutume de son époque ,et ce bien qu’il ait arrangé un ou deux airs célèbres. Ses compositions originales démontrent un degré certain de sophistication musicale, qui le distingue du commun de beaucoup d’autres compositeurs de son époque. Au-delà de la simple répétition de formules, il y a chez lui le but de créer une musique originale, qui est plus de son époque que ce que l’on pouvait penser. Il se piquait d’être un compositeur moderne, et son travail atteste qu’il a réussi dans ce sens. Après avoir fait le choix délibéré, ou admis que la musique n’était pas pour lui une manière de se remplir le ventre, il devint libre d’écrire et plus tard de publier une musique en adéquation avec son sens esthétique de l’équilibre, sans avoir le souci de considérations commerciales vis-à-vis des éditeurs. Il est même possible, sans que nous en ayons la preuve, qu’il finançait lui-même l’édition de ses œuvres. L’un des faits appuyant cette hypothèse est que rien de lui ne fut publié avant qu’il ne parvienne à s’établir socialement en gravissant les échelons, se mariant, peut-être avec de la fortune, et qu’il connut enfin une situation beaucoup plus confortable que celle qu’il décrivait en 1808.

En attendant que sa musique devienne mieux connue, et j’ai l’intention de contribuer grandement à cela, le répertoire classique de la guitare, particulièrement celui de la guitare en musique de chambre s’en trouve notoirement enrichi.

Traduction Hervé Rémond

03/2014

Hervé Rémond, Directeur Adjoint du CRR (conservatoire) de Perpignan.

Hervé Rémond, Directeur Adjoint du CRR (conservatoire) de Perpignan.

Document complet, avec scans, en format word.

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